20.11.2007
Bilan de santé des végétariens
La discordance des résultats précédents s'expliquerait notamment par un manque de cohérence à propos de la définition d'un "végétarien". Certains incluant dans cette définition les semi-végétariens (ou pseudo-végétariens ou encore végétariens partiels) qui sont des personnes ne mangeant pas de viande rouge mais qui mangent de la volaille et du poisson, d'autres ne considérant de les végétaliens (ou végans) ne mangeant aucun produit d'origine animale. D'autre part, les études précédentes considéraient des groupes de population réduits qui ne permettaient pas d'obtenir des résultats statistiques significatifs.
Pour remédier à cela, les experts se sont mis d'accords sur la classification des individus en quatre groupes: les végétaliens, végétariens, semi-végétariens, et non végétariens. Environ 5% de la population occidentale est végétarienne, la proportion de végétaliens et semi-végétariens étant inconnue et probablement très marginale. Maintenant que tout le monde est bien au clair sur les définitions, les études de masse peuvent être lancées.
En 2002, Appleby et al. [1] publient une étude sur la mortalité des végétariens Britanniques en s'intéressant à un groupe de 21 000 personnes dont 8 000 végétariens. En 2004, Sanjoaquin et al. [2] rapportent une enquête menée auprès de 10 998 végétariens et non-végétariens portant sur l'établissement d'un lien entre nutrition, hygiène de vie et cancer du côlon. Deux ans plus tard, Key [3] effectue un premier bilan de recherche en répertoriant les découvertes récentes sur les effets du végétarisme et végétalisme sur la santé. Enfin, en 2007 Baines et al. [4] mesurent des indices de santé et des bien-être chez 9113 jeunes Australiennes végétariennes, semi-végétariennes et non-végétariennes.
I. Comparaison entre la mortalité chez les végétariens et les non-végétariens.
L'étude de Appleby est la sans doute la plus triviale parmi celles évoquées ici. Son but est simple: regarder si le végétarisme a un effet sur la mortalité. Étant donné que la mortalité est le fruit de très nombreux facteurs et que son taux est bas, il faut nécessairement étudier une très grande population pour observer une différence qui soit imputable à la nutrition et non au hasard.
Pour s'assurer que les végétariens de l'étude ont un régime alimentaire complet et ne souffre d'aucune carence, le groupe de végétariens est exclusivement constitué de personnes suivant le programme d'étude d'Oxford et doivent suivre un plan diététique strict. Pour comparer, un groupe de non-végétarien composé d'autant d'individus du même âge. L'étude s'intéresse également à quelques indicateurs de santé au sein de ces populations.
Les résultats montrent que le taux de mortalité est statistiquement significativement plus bas chez les végétariens que chez les non-végétariens.
Toutefois, en étudiant l'influence du mode de vie tels que la proportion de fumeurs, antécédents / prédispositions congénitales à l'hypertension, diabète, angine, maladies et attaques cardiaques, ainsi que l'indice de masse corporelle, la diminution du taux de mortalité n'est pas directement imputable à l'alimentation mais plutôt à une meilleurs qualité de vie. De plus, si l'étude s'assure de la bonne nutrition des végétariens, aucun critère similaire n'est appliqué aux non-végétariens, l'étude comparant alors des végétariens bien alimenté à des non-végétariens quelconque. Dans ces conditions, on peut être surpris de n'observer aucun avantage en faveur du végétarisme.
II. Nutrition, hygiène de vie et cancer du côlon.
Menée par la même équipe de recherche que précédemment, cette étude cherche à établir l'existence d'un lien entre le végétarisme et le cancer du côlon, troisième forme de cancer la plus répandue dans les pays industrialisés. Sachant que l'alimentation, en particulier la consommation de fibre et de fruit frais, permet de diminuer le risque de contracter le cancer du côlon, on peut émettre l'hypothèse que les végétariens ont moins de risques face à ce type de cancer.
L'hygiène de vie repose sur les critères suivants: consommation de tabac, consommation d'alcool, indice de masse corporelle.
La diète, elle, est caractérisée par: le régime alimentaire (végétarien / non-végétarien), consommation journalière de fibres, consommation journalière de graisse animale.
Parmi tous ces paramètres, seuls quelques-uns ont un réel impact sur le risque de contracter ou non le cancer du côlon: comme prévu, l'apport de fibres journalier et la consommation de tabac. Plus spécifiquement, l'auteur révèle que la diète alimentaire n'a aucun impact significatif, les non-végétariens ne sont pas plus exposés que les végétariens.
III. Effets du végétarisme et du végétalisme sur la santé.
Dans cet article, Key propose de résumer brièvement les récentes découvertes au sujet des effets de la diète alimentaire sur la santé.
D'un point de vu de l'apport nutritionnel, l'avantage de la diète végétarienne est l'apport relativement grand de fibres, d'acide folique, de vitamine C et E, de magnésium et faible de graisses saturées. En contrepartie, il peut y avoir une carence d'acide gras oméga 3 (trouvable dans les algues), et surtout de vitamine B12 absent des végétaux mais trouvable dans les oeufs. Une carence de vitamine B12 est d'ailleurs constatée chez la plupart des végétaliens et chez une partie des végétariens, occidentaux ou non. Une carence de Fer est aussi constatée chez les végétariens du fait de l'absence de la diète de fixateurs de Fer.
L'auteur rapporte que de précédentes études ont montré un retard de croissance chez les enfants végétaliens, mais une croissance normale des végétariens comparativement aux non-végétariens. L'indice de masse corporelle est significativement moins élevé pour les végétaliens et végétariens bien que l'obésité y soit répandu. Le taux de cholestérol des végétariens est en moyenne plus bas que celui des non-végétariens, mais les deux possèdent une pression sanguine équivalente. Les végétariens ont 24% moins de risque d'ischémie myocardique mais un risque similaire d'attaque cardiaque.
Concernant les risques de cancer, bien que les mécanismes du développement du cancer soient encore méconnus, les chercheurs admettent l'importance de l'alimentation et l'existence d'éléments suggérant (sans conclure) que la consommation de viande rouge pourrait augmenter le risque de contracter ce cancer. Les cancers du sein et de la prostate touchent sans distinction les individus quelque soit leur alimentation.
Enfin, la santé osseuse est un sujet débattu depuis des années étant donné que les végétariens consomment moins de calcium que les non-végétariens. En dépit d'études sur le sujet, la santé osseuse de végétariens n'est pas encore clairement établie.
En conclusion, rien ne permet de distinguer la santé des végétarien de celle des non-végétariens d'une manière générale. Plus d'études sont nécessaires pour couvrir ce très large et complexe domaine.
IV. Santé physique et mentale chez 9 113 jeunes Australiennes non-, semi- et végétariennes.
Cette fois et contrairement aux études précédente, la santé mentales est inclue dans la comparaison de trois groupes que l'on commence désormais à bien connaitre: végétariens, non-végétariens et semi-végétariens. L'étude ne porte que sur des femmes pour observer en particulier l'effet de l'alimentation sur la menstruation.
Parmis les critères de santé mentale sont inclus informations sur le statut matrimonial, diplôme universitaire obtenu, revenu professionnel, sensation de fatigue sévère, insomnie, dépression, crise de panique, tentative d'auto-mutilation, douleur, maux de tête.
Les critères de santé physiques incluent: nombre d'heures d'activité physique par semaine, indice de masse corporelle, consommation de tabac, consommation d'alcool, carences de Fer, asthme, maux de dos, constipations, problèmes de peau, allergies.
Le résultats établissent les constats suivant:
- Points positifs du végétarisme: les végétariennes se marient moins, ont un meilleur niveau d'étude, un revenu plus bas, sont plus sportives, ont un indice de masse corporelle plus bas, consomment moins de tabac.
- Points négatifs: les végétariennes ont plus souvent une carence de Fer, souffrent plus de la dépression, sont plus anxieuses, plus fatiguées, plus insomniaques, sont plus prises d'attaques de panique, tentent plus de s'auto-mutiler, ont une plus grande tension pré-menstruelle, connaissent plus de période de douleur aigu, ont plus de problèmes de constipation, ont plus de problèmes de peau.
Les études jusqu'alors étaient focalisées sur les troubles physiques, dont on rappelle que pour le moment rien ne permet de distinguer la santé physique générale d'un végétarien de celle d'un non-végétarien, et se contentaient de la réussite scolaire de végétarien comme critère de santé mentale. Cette étude, en utilisant une vaste panoplie de critère de santé mentale, a permis de mettre en grand jour les danges potentiels du végétarisme quant à notre santé mentale.
[1] Paul N Appleby, Timothy J Key, Margaret Thorogood, Michael L Burr and Jim Mann. Mortality in British vegetarians. Public Health Nutritions. 2002. 5(1), 29-36
[2] MA Sanjoaquin, PN Appleby, M Thorogood, JI Mann and TJ Key. Nutrition, lifestyle and colorectal cancer incidence: a prospective investigation of 10 998 vegetarians and non-vegetarians in the United Kingdom. British Journal of Cancer. 2004. 90, 118-121
[3] Timothy J. Key, Paul N. Appleby and Magdalena S. Rosell. Health effects of vegetarism and vegan diets. Proceedings of the Nutrition Society. 2006. 65, 35-41
[4] Surinder Baines, Jennifer Powers and Wendy J Brown. How does the health and well-being of young Australian vegetarian and semi-vegetarian women compare with non-vegetarian? Public Health Nutrition. 2007. 10(5), 436-442
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19.11.2007
Génétique, intelligence et morphisme
La connaissance de la génétique pouvant se tramer derrière nos qualités psychologiques a toujours suscité une certaine polémique. Car si personne ne conteste le fait que tous les hommes ne naissent pas avec d'égales qualités physiques, notre culture judéo-chrétienne considère l'être humain comme un corps dans lequel est glissé une âme toute à construire. Ainsi, si tous les Hommes n'ont en effet pas le même corps, tous ont une âme égale à modeler.
La sophistication récente de méthodes scientifiques in vivo a permis d'établir l'existence d'un lien entre intelligence et génétique amenant à la conclusion que tous les Hommes ne naissent pas également pourvus intellectuellement.
Si les experts ne s'accordent pas sur la définition générale, la mesure du quotient intellectuel (QI) est en générale acceptée comme un indice pertinent d'une forme bien précise d'intelligence (qui ne saurait en aucun cas être réduit à l'intelligence global). En neurosciences, le terme d'intelligence se rapporte aux aptitudes cognitives et est souvent quantifié par l'indice g, développé par le statisticien Spearman en 1927. Il existe d'autres tests basés sur les aptitudes visuospatiales, déductives, sémantiques et de raisonnement symboliques, mais généralement, une personne obtenant un bon score à l'un des ces tests obtiendra un bon score aux autres, suggérant que ces différentes aptitudes ne sont pas indépendantes.
La validité de g comme indice d'intelligence a été grandement débattu, donnant lieu à de nombreuses controverses et polémiques. Il n'en reste pas moins que la plupart des chercheurs en psychométrie s'accordent sur le fait que g est un bon indicateur d'aptitudes à apprendre, raisonner et résoudre des problèmes. C'est aussi un bon prédicateur de réussite scolaire, professionnelle, sociale ainsi que de l'espérance de vie.
Inversement, il est démontré que g est influencé par le statut social du milieu familial. C'est en cela que tient toute la difficulté à établir l'hérédité de l'intelligence en utilisant l'indice g: quelle est l'influence éventuelle de la génétique par rapport à l'influence du milieu social?
II. Association entre génétique et intelligence: jumeaux monozygotes vs. dizygotes.
Afin d'annuler l'effet de l'influence familiale, les chercheurs se sont intéressés aux jumeaux élevés dans la même famille. Pour établir l'influence de la génétique sur la performance aux tests d'intelligence, les chercheurs ont regardé la corrélation des scores des jumeaux monozygotes (MZ), possédant exactement le même patrimoine génétique, aux scores des jumeaux dizygotes (DZ) qui sont des jumeaux fraternels possédant 50% de patrimoine génétique commun.
Le protocole expérimental est simple, g est mesuré pour chaque jumeau. L'écart entre le g des deux jumeaux est calculé et utilisé comme mesure de similarité (ou de corrélation). Le test statistique consiste à savoir si l'écart entre les g des jumeaux MZ est significativement plus grand ou plus petit que l'écart des DZ.
Les résultats sont les suivants: g est significativement plus corrélé chez les MZ que chez les DZ. L'héritabilité de g est d'environ 0.86, établissement clairement le lien entre l'intelligence et la génétique [1]. La subtilité de cette étude consiste en ce qu'elle n'utilise pas directement les score g mais l'écart de score entre deux jumeaux, supprimant ainsi le biais créé par le milieu familial. En clair, deux jumeaux auront un score g plus proche si leur patrimoine génétique est identique.
III. Association entre génétique et neuromorphologie.
Maintenant que le lien entre intelligence et génétique est établi, sachant que la génétique détermine en bonne partie notre morphologie, les chercheurs se sont intéressés à l'existence d'association entre g et certaines mesures morphologiques, qui peuvent être le volume de matière grise, celui de matière blanche ou encore l'épaisseur corticale.
Comme précédemment, l'expérience compare un groupe de jumeaux MZ à un groupe de jumeaux DZ. Les mesures neuromorphologiques sont effectuées in vivo sur les IRM de chacun des jumeaux. Des méthodes de traitement du signal permettent de standardiser les images et de rendre les données directement comparables. Un algorithme automatique sépare la matière blanche de la matière grise et en mesure leur volume. L'avantage des méthodes automatiques par rapport aux méthodes manuelles est l'absence de biais cherchant à valider l'hypothèse de départ.
Pour chaque jumeau, on mesure donc automatiquement le volume de matière grise et de matière blanche, puis on regarde si la différence de volume entre les paires de jumeaux est plus grand ou plus petite selon si il s'agit de jumeaux MZ ou DZ.
Les résultats montrent une corrélation volumique significativement plus importante chez les MZ que les DZ. Le volume du cerveau est donc génétiquement influencé. [1]
III. Conclusion.
Ces expériences permettent d'établir deux liens très importants.
- L'indice d'intelligence g est génétiquement déterminé. Sachant qu'il est un excellent prédicateur de réussite scolaire, professionnelle et sociale, on peut spéculer que cette découverte permet d'établir l'existence d'un lien entre patrimoine génétique et réussites scolaire, professionnelle et sociale.
- L'intelligence est associée à la neuromorphologie d'un individu. La neuromorphologie est un prédicateur de l'intelligence d'un individu, et donc de son statut social, de son revenu et de sa durée de vie. En d'autres termes, l'IRM d'un individu suffit à prédire ces attributs.
Pour plus d'informations, veuillez lire l'excellente revue:
Arthur W. Toga and Paul M. Thompson. Genetics of Brain Structure and Intelligence. Annu. Rev. Neurosci. 2005. 28:1-23
[1] Daniëlle Posthuma, The association between brain volume and intelligence is of genetic origin. Nature neuroscience, volume 5 no 2. February 2002
05:04 Publié dans Lutte anti-désinformation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Santé, Recherche, Intelligence
13.03.2007
Conversation avec l'écologiste
- Qu'est-ce que l'écologie ? Et pourquoi es-tu écologiste ?
- L'écologie est avant tout une science qui a pour objet l'étude des relations entre les êtres vivants et leur environnement ainsi que les autres êtres vivants. Inconnu du grand publique dans les années 60 (cf. Les Racines du Ciel, Romain Gary), le sens de ce mot s'est élargie ces dernières années et tend à qualifier toutes les actions qui ont un rapport avec la nature. Une action est écologique quand elle est respectueuse de l'environnement, c'est à dire que son impact sur la faune et la flore préalablement présente est minimisée. Être écologiste, c'est tout simplement agir en accord avec cette idéologie. Dans les faits, cela revient à tout mettre en oeuvre pour préserver la Terre et sa richesse, la multitude d'espèces animales et végétales qui est l'aboutissement de plusieurs millions d'années du processus naturel qu'est l'évolution. Je suis écologiste car force est de constater que l'Homme, par ses agissements irraisonnés, dilapide ce capital à un rythme effréné. Nombres d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinction, le climat est sous le coup d'un changement sans précèdent pouvant avoir des conséquences désastreuses pour la planète et ses habitants. Préserver l'environnement est un devoir plus qu'un choix.
- Quelles seraient les conséquences si nous n'agissons pas ?
- Elles pourraient être catastrophiques. Nous vivons actuellement les prémisses du futur. En Europe, l'automne 2006 fut le plus chaud jamais observé. C'est également l'année qui a vu le plus d'ouragans balayer l'Amérique Centrale et le sud des Etats-Unis, une sécheresse de plusieurs mois a largement contribué à la propagation de feux ayant dévasté les forets Australiennes, les glaciers s'amenuisent visiblement d'années en années. Ces phénomènes sont très probablement dus à la hausse de température, elle même corrélée au taux de CO2 atmosphérique. Dans 50 ans, si le dégagement de CO2 est maintenu, nul ne sait à quel climat s'attendre pour la bonne raison que jamais, de l'histoire de la planète habitée, il n'y a eu un taux aussi élevé. C'est pourquoi il faut immédiatement endiguer cet important flux. Nous observons depuis quelques années une amplification de ce genre de catastrophes ainsi qu'une augmentation de leur fréquence. Dans cette continuité, il est clair que les catastrophes mettant en jeu la vie de centaines de milliers d'individus vont se multiplier.
- Tu parles du danger pour la planète, puis du danger pour l'Homme. Le but de l'écologie, c'est de sauver la planète ou l'Homme ?
- Les deux. On sauvegardera l'Homme uniquement en sauvegardant la planète.
- Mais pourquoi au juste penses tu que la planète soit en danger ? L'Homme l'est, je te l'accorde. Que se passerait il, pour la planète, si nous ne réagissions pas et que les cataclysmes s'enchaînaient ? La planète cesserait elle d'exister ? Le vie sur Terre ne serait plus possible ? Non, la planète survivra a l'Homme quoi qu'il arrive. Pourquoi alors prétendre sauver la planète lorsque celle-ci n'est pas en danger ? La Terre n'est pas en danger, l'écologie se résume donc purement a sauver l'espèce humaine, une cause anthropo-centriste.
De plus, nous parlons des conséquences néfastes sur les espèces actuelles. Ne serait-il pas possible d'envisager que le dégagement des gaz a effet de serre puissent être bénéfiques a l'éclosion de nouvelles formes de vie de Terre ?
Cette hypothèse est loin d'être folle puisque ce scénario s'est déjà produit il y a 2 milliards d'années. C'est a cette époque que les plantes vertes ont commencé a produire l'oxygène nécessaire a l'émergence d'autres formes de vie. Or, l'oxygène est un polluant au regard des plantes vertes, au même titre que le CO2 est dangereux pour l'Homme. Si la vie aérobique n'était pas apparue, les plantes vertes se condamnaient a leur propre perte.
- Ce sont deux situations bien différentes. Dans le cas des plantes vertes, elles n'avaient pas conscience de leur action. L'Homme lui l'est, il sait ce qu'il est en train de changer et, en quelque sorte, se prend pour Dieu. S'il continue, il court a sa perte consciemment.
- J'aurais tendance a dire exactement le contraire. Jusqu'à très récemment, l'Homme n'avait pas conscience de la portée de ses actes. Dans les années 60, le mot écologie était inconnu. Dans les années 70, la notion d'écologie était vaguement définie, vivre plus proche de la nature mais personne ne se doutait de ce qu'il se passait. Il a fallu attendre la fin des années 80 pour que l'écologie prenne le sens qu'on lui connaît, mais encore a cette époque, l'Homme n'avait pas conscience de ce qu'il faisait. Ce n'est que depuis quelques années, depuis le célèbre trou de la couche d'ozone, que l'Homme a véritablement commencé a prendre conscience qu'il était en train de se passer quelque chose. Et donc jusqu'a cette époque, on peut exactement établir le parallèle avec les plantes vertes; ni l'un ni l'autre n'avait conscience de ce qu'il faisait.
Désormais, nous savons que l'activité humaine influence le climat. Et pour la première fois de l'histoire de la Terre, nous voyons ici une espèce qui tente d'adapter l'environnement a ses besoins.
Jusqu'alors, la théorie de Darwin (qui bien que controversée est celle qui est le plus communément acceptée) dicte exactement le contraire: survivent les espèces les mieux adaptées a leur environnement.
L'Homme n'a pas échappé a la règle et a pu vivre sous différentes latitudes en s'adaptant.
Aujourd'hui, pour la première fois, l'Homme veut adapter le climat a ses besoins. N'est pas précisément se prendre pour Dieu que d'agir de la sorte ?
La planète n'a pas besoin de l'Homme pour exister. Si l'Homme venait a disparaître, l'évolution continuera a suivre son cours et la planète continuera a être belle, comme elle l'a d'ailleurs toujours été.
- Tu proposes quoi ?
- Premièrement, je propose d'arrêter de se voiler la face. L'écologie n'est pas, et ne sera jamais, une lutte pour sauver la planète. L'écologie est un combat qui a pour seul but une cause humaine: continuer a voir de beaux paysages (notion toute humaine), continuer a pouvoir jouir de cet espace, continuer a pouvoir côtoyer les autres êtres vivants, etc... En bref, avoir ce que nous connaissons. Ce combat est, en intégralité, une suite de notions humaines.
Deuxièmement, j'invite a prendre conscience de cette propagande dont on nous gave. Si tant de produits sont estampillés du logo écologie, c'est parce qu'ils se vendent. L'écologie, de science, en passant par idéologie, est aujourd'hui devenu un marché.
Enfin, j'aimerais voir l'Homme un peu plus humble. En décidant d'adapter le climat a ses besoins, il s'arroge des droits divins. Bien sur, les justifications ne manquent pas, les bonnes raisons sont nombreuses, il est malgré tout étonnant de voir que l'Homme n'aura jamais été aussi écologiste, que jamais le droit des animaux n'aura été défendu avec autant d'ardeur que lorsqu'il est lui même une espèce menacée. Ces combats masquent mal la veritable perfidie: ce sont autant de bonnes raisons pour devenir Dieu.
01:25 Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : écologie, philosophie


